Les accidents de la route sont la première cause de mortalité au travail. Pour autant, seul un faible nombre de dirigeants d’entreprise reconnaissent mettre en œuvre des actions de prévention.

43% des dirigeants d’entreprise considèrent le téléphone au volant comme un enjeu prioritaire de sécurité routière, après l’alcool (66%) mais avant la vitesse (28%).

La semaine qui commence est celle des « Journées de la sécurité routière au travail », dont c’est la troisième édition cette année. A cette occasion, les mondes de l’entreprise, de la fonction publique et le secteur associatif  sont invités à mettre en place des actions de sensibilisation à la sécurité routière à destination de leurs salariés. L’objectif est simple, réduire le niveau de risque au volant: « en 2018, près de 500 personnes ont ainsi perdu la vie sur des trajets professionnels ou domicile-travail », rappellent les pouvoirs publics. Et 500 victimes sur un total de 3259 enregistrées en France France l’an dernier, cela représente un ratio de 15%.

Le problème est que même si les principaux facteurs de risque sont connus – alcool au volant,  usage du téléphone, vitesse excessive – le monde professionnel demeure assez hermétique à ces questions.

Selon un sondage Ifop commandé par l’assureur MMA, seuls 16% des dirigeants reconnaissent avoir mis en place des actions de prévention. « Les résultats de nos 4 années d’études montrent un réel manque d’information des dirigeants sur les risques routiers en entreprise. » regrette Cécile Lechère, en charge de la prévention des risques routiers chez MMA. « Nous souhaitons donc les alerter sur leur responsabilité pour les inciter à mettre en place des actions de prévention participant à la sécurité de leurs collaborateurs. »

Déjà, commencer par penser au risque routier…

Seulement voilà, beaucoup reste à faire dans un pays où 84% des chefs d’entreprise n’ont pas mis en place d’actions de prévention (chiffre qui « descend » toutefois à 74% dans le secteur des travaux publics, où les salariés roulent davantage). De plus, 59% des dirigeants d’entreprise n’ayant pas initié d’actions reconnaissent ne pas même y avoir pensé! Ainsi, seuls 18% des dirigeants classent le risque routier au premier rang des facteurs de risque au travail. De même, 38% ignorent qu’ils peuvent être considérés comme responsables en cas d’accident  sur un trajet professionnel.

Quand elles sont prises, lesdites actions consistent notamment en des vérifications de la validité du permis de conduire (84% des cas), ou bien encore  une réduction des déplacements pour limiter le risque routier (48%). Si le droit à la déconnexion complète est de plus en plus reconnu (48%, contre 32% en 2017), l’application concrète de cette mesure au quotidien est mission quasi-impossible pour les salariés de terrain.

Par contre, l’obligation de désignation des salariés ayant commis une infraction est connue par 9 dirigeants sur 10 (91%). De plus, alors que 56% d’entre eux se disaient prêts à payer l’amende d’un salarié fautif en 2016, ils ne sont plus que 23% aujourd’hui. 68% estiment que cela responsabilise le salarié, et seulement la moitié (34%) que cette pratique peut nuire aux relations entre salariés et direction.

 

Article issu de la revue Cardisiac par Pierre-Olivier Marie (19 Mai 2019